« C'est de l'arthrose, il n'y a rien à faire. » Cette phrase, beaucoup de patients l'ont entendue. Elle est pourtant fausse : toutes les recommandations internationales placent l'exercice thérapeutique encadré par un kinésithérapeute en première intention dans le traitement de la gonarthrose (arthrose du genou), avant les médicaments et bien avant la chirurgie. En Belgique, l'arthrose du genou touche près d'une personne sur trois après 65 ans, mais aussi des patients plus jeunes, sportifs ou en surpoids.
Comprendre l'arthrose du genou
L'arthrose est une usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses du genou. Avec le temps, le cartilage s'amincit, l'os réagit en se densifiant et en formant des becs osseux (ostéophytes), et l'articulation peut s'enflammer par poussées.
Point essentiel : l'intensité de la douleur n'est pas proportionnelle à l'usure visible sur la radiographie. Des genoux très abîmés à l'imagerie peuvent être peu douloureux, et inversement. C'est pourquoi le traitement vise la fonction et la douleur, pas l'image.
Les symptômes de la gonarthrose
- Douleur mécanique : déclenchée par la marche, les escaliers (surtout la descente), le passage assis-debout, calmée par le repos
- Raideur matinale brève (moins de 30 minutes), sensation de genou « rouillé » après une position assise prolongée
- Craquements à la flexion, sensation de frottement
- Gonflement lors des poussées inflammatoires
- Diminution du périmètre de marche au fil des mois
Pourquoi la kinésithérapie est le traitement de référence
Contrairement à une idée reçue, bouger un genou arthrosique ne l'use pas plus vite — c'est l'inverse. Le cartilage se nourrit par le mouvement, et des muscles forts protègent l'articulation en absorbant les contraintes. Les études montrent que l'exercice thérapeutique réduit la douleur autant que les anti-inflammatoires, sans les effets secondaires, et améliore durablement la fonction.
Le programme au Centre Vital
- Bilan initial complet : douleur, mobilité, force du quadriceps et des fessiers, équilibre, analyse de la marche et retentissement sur vos activités
- Renforcement musculaire progressif : quadriceps, ischio-jambiers et fessiers, avec des charges adaptées à votre niveau de douleur — c'est le cœur du traitement
- Mobilisations articulaires : entretien et récupération des amplitudes de flexion et d'extension
- Travail de l'équilibre et de la proprioception : prévention des chutes, stabilité du genou
- Thérapie manuelle : techniques de diminution de la douleur, massages, levées de tension
- Éducation et autonomisation : programme d'exercices à domicile, gestion des poussées, adaptation des activités — vous devenez acteur de votre traitement
- Conseils sur l'activité physique : vélo, natation, marche nordique — quelles activités privilégier et comment doser
Perte de poids : le levier complémentaire
Chez les patients en surpoids, chaque kilo perdu réduit d'environ 4 kilos la contrainte sur le genou à chaque pas. Une perte de 5 à 10% du poids corporel, combinée aux exercices, apporte une amélioration significative de la douleur et de la fonction.
Et l'opération dans tout ça ?
La prothèse de genou reste une excellente solution, mais en dernier recours : quand la douleur persiste malgré un traitement conservateur bien mené pendant au moins 6 mois et que la qualité de vie est vraiment altérée. Une rééducation préopératoire (« préhabilitation ») améliore d'ailleurs les résultats de la chirurgie. Si vous êtes déjà opéré, consultez notre article sur la rééducation après prothèse de genou.
Combien de séances et quel remboursement ?
Un programme initial comporte généralement 18 séances (renouvelables sur prescription), à raison de 1 à 2 séances par semaine, complétées par vos exercices à domicile. La kinésithérapie pour gonarthrose est remboursée par l'INAMI : au Centre Vital, cabinet conventionné à Mont-sur-Marchienne, votre reste à charge est de 1,50€ à 7€ par séance. Les séances à domicile sont possibles pour les patients à mobilité réduite dans tout le Grand Charleroi.

